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Biodiversité, incidence sur notre vie quotidienne

jeudi 13 janvier 2011

A l’aide de quelques chiffres et d’exemples bien choisis, Raynald VASSELIN, directeur du CHENE nous a invités à réfléchir sur la gravité du problème : la BIODIVERSITE est en pleine régression et cela en grande partie à cause de l’homme …

1 900 000 espèces sont répertoriés sur terre.

16 928 espèces sont menacées sur seulement 3% des espèces connues
869 espèces se sont éteintes lors des 500 dernières années.
Si rien ne change, 15 à 17% des espèces disparaîtront avant 2050.

Les plantes sont les plus menacées
car si leur milieu de vie est modifié, elles ne peuvent pas se sauver !!!
70% d’entre elles sont menacées par des modifications de milieu de vie.

Pour les animaux, ce n’est guère mieux puisque sont menacés :
-  1 amphibien sur 3
-  1 mammifère sur 4
-  1 oiseau sur 8
-  1 poisson sur 3

Les causes de ces disparitions sont multiples (sécheresse, volcans, inondations, tempêtes… ) mais elles sont dues en grande partie à l’impact de l’homme :
-  Le réchauffement de la planète accentué par l’activité humaine augmente les risques de changements climatiques, de tempêtes, d’inondations… De tous temps la planète a connu des modifications de climat et le vivant a su s’adapter mais la rapidité de ces changements aujourd’hui ne permettent plus cette adaptation.
-  La chasse et la surpêche créent des dégâts irréparables
-  L’agriculture intensive et l’utilisation des pesticides occasionnent la perte de milliers d’insectes eux-mêmes occasionnant la disparition des oiseaux affamés…
-  La pollution de l’air
-  La pollution des rivières et des mers entraînent des pertes considérables dans le monde aquatique. Dans les rivières on constate des problèmes de fertilités des poissons à cause des hormones qu’ils ingèrent, dans les mers les marées noires à répétition détruisent les fonds marins, source de nourriture de nombreux poissons …
-  L’arrivée d’espèces étrangères venues parfois de très loin (sur la coque des bateaux par exemple ou tout simplement apporté volontairement par les hommes) occasionne une concurrence sévère pour les espèces locales allant souvent jusqu’à leur extinction.

On site souvent la disparition des forêts tropicales comme l’exemple le plus destructeur de la biodiversité mondiale. En effet elles renferment 75% de cette biodiversité et chaque semaine 250 000 ha de ces forêts disparaissent .

En France a une lourde responsabilité ! Elle est au 1er rang des pays européens possédant une riche biodiversité animale et végétale.

Pour les animaux  :
La France détient la 5ème place au niveau mondial pour la variété d’espèces d’oiseaux. Au niveau européen, elle est reconnue comme le pays renfermant le plus de biodiversité. Cela est surtout dû à la biodiversité des Territoires d’outre-mer et au fait que la métropole a plusieurs types de climats et donc de flores et de faunes : 38 espèces d’amphibiens, 357 espèces d’oiseaux, 120 espèces de mammifères.

Pour les végétaux
 :
486 espèces de plantes sont menacées en France métropolitaine. Cela est en grande partie dû à la modification des milieux (urbanisation, bétonnage, suppression des chemins, haies, talus et fossés, intensification de l’exploitation forestière… )

On a bien créé en France des zones protégées ( parcs régionaux et parcs naturels) mais cela coûte très cher pour des résultats bien maigres … Il vaut mieux comme dans beaucoup d’autres pays voisins, se préoccuper de protéger les milieux de vie ordinaire (parcs, jardins, bords de routes et de rivière… ) en évitant le mitage.

Des mesures intéressantes ont été prises au niveau européen ( Natura 2000, trames vertes et bleues, directive habitat, directive oiseaux…) mais le parlement français s’évertue à en diminuer la teneur en ne les rendant pas obligatoires… Ainsi face à de grands projets de construction, les autorisations de raser et de détruire sont trop vite données. Les mesures compensatoires ne sont que des palliatifs …

Trois exemples locaux ont été évoqués :
-  Le prolongement du grand canal du Havre qui passera dans l’estuaire déjà bien mal mené…
-  Le contournement est de Rouen qui fera une brèche dans la forêt alors que la violette de Rouen, une espèce protégée y pousse !
-  La construction du grand stade du Havre alors que vit ici le lézard des murailles…

Que peut-on faire pour limiter la casse ? -

-  Bien sûr, faire pression sur les décideurs (politiques et acteurs économiques) pour que les projets nouveaux intègrent la protection des milieux de vie, pour que les espaces verts ne soient pas traités, pour laisser des coins de nature un peu partout et en lien les uns avec les autres afin de permettre la libre circulation des animaux.

-  Faire attention à son alimentation car notre assiette a un impact important sur la biodiversité et le réchauffement climatique. Si nous mangeons du bœuf venu du Brésil ou d’Argentine, si nous consommons des animaux nourris au soja de ces mêmes pays, c’est un peu plus de forêt amazonienne qui disparaît … Il vaut mieux choisir des viandes BIO et locales ou mieux encore, manger moins de viande .

-  Acheter des bois labellisés FSC ( label indépendant) plutôt que PEFC( label des forestiers) même si le label FSC n’est pas parfait…

-  Dans son jardin, laisser des coins sauvages où la nature se débrouillera toute seule, laisser un coin d’orties qui servira à nourrir les papillons, creuser une petite mare, planter des espèces végétales variées et locales et bien sûr bannir les pesticides. L’hiver on peut nourrir les oiseaux. On peut aussi installer des nichoirs et des gîtes à insectes. En France, la surface des parcs et jardins est presque aussi importante que la surface cultivée. Cela vaut le coup de s’en occuper !

Le débat qui suivit la conférence de Raynald Vasselin apporta un peu d’optimisme dans le triste tableau qui venait d’être brossé.

Les solutions ne sont pas seulement dans les mesures à prendre mais aussi dans le changement de mentalités, dans la culture et surtout dans la formation des jeunes.

Le respect de la nature doit passer par la réflexion philosophique bien malmenée dans le cursus scolaire en ce moment. Il faut développer chez les jeunes l’amour de la nature, de la poésie, du bucolique, du plaisir de vivre dans la nature.
Les clubs CPN (Connaître et Protéger la Nature) sont un exemple en ce domaine et les nombreuses associations de protection de la nature proposent des sorties nature tout au long de l’année. Il faut soutenir ces associations qui manquent cruellement de moyens.
On peut se procurer l’agenda de ces sorties sur le site de HNNH ( Haute Normandie Nature Environnement) dont ECO-CHOIX fait partie.

Voir l’agenda des Rencontres du Hérisson, à la rubrique "Sortir"

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