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Le potager anti-crise

jeudi 26 mai 2011

Ce vendredi 6 mai, l’association Écochoix, dans le cadre de ses café-débats mensuels recevait Rodolphe GROSLEZIAT pour son livre « Le potager anti-crise ».

Rodolphe Grosléziat, 42 ans et sa femme, tous deux enseignants en lycée professionnel auprès de jeunes en difficulté, prennent conscience en 2001 de leur vie décousue : Des aller-retour chronophages et énergétiques pour aller travailler et emmener les deux enfants. Ils décident donc de se mettre au vert, pour avoir le temps de vivre .
L’idée de départ à cette époque, est d’avoir beaucoup de terrain pour y mettre des moutons et un petit jardin, pas encore potager.
Jusqu’alors, Rodolphe Grosléziat n’avait pas eu l’occasion d’être au contact de la terre et du jardin, son grand-père ayant tout fait pour que ses enfants n’aient pas à s’imposer ce travail supplémentaire.
En 2002, ils lancent le chantier d’une maison en bois et bioclimatique, mais toujours pas de décision de potager… Il plante tout de même quelques arbres, pour empêcher les engins des entreprises d’abîmer tout le terrain : les arbres deviennent une frontière à ne pas franchir !
Quand émerge l’idée de jardin potager, sa femme s’est déjà rendu compte qu’elle n’aimait pas jardiner… Pourtant, c’est décidé, il y aura un potager qui sera au centre de leur vie.
On est acteur et responsable de la richesse de son jardin ou de sa misère, de sa beauté ou de son austérité. Le potager sera donc BBB : Bio, Beau, Bon.

Les objectifs de départ :

• Y passer le moins de temps possible
• Nourrir la famille
• Utiliser des produits naturels pour fortifier et soigner les légumes
• Œuvrer pour la biodiversité domestique, aérienne et souterraine
• Économiser l’eau
• Profiter de l’aide des auxiliaires naturels, en offrant gîte et couvert aux oiseaux, insectes et autres hérissons…par exemple
• Planter des haies nourricières autour du jardin pour le protéger (chèvrefeuille bleu, néflier, nashi, noisetier, framboisiers etc…)
• Limiter l’importance de la pelouse, OK c’est pratique pour les enfants, ça fournit du compost, mais ça tend rapidement vers le désert.

Au début, la tondeuse est écologique, un couple de moutons d’Ouessant choisi pour sa rusticité. Ils seront échangés contre des pommiers quelques années plus tard, car devenus trop nombreux.

D’autres envies d’expériences sont venues au fil du temps.

• Des ruches pour la pollinisation des fruitiers. Rodolphe a choisi une race d’abeille réputée pour son calme, afin de minimiser les risques d’incidents pour les enfants, qui participent aujourd’hui au travail du rucher !
• Il a planté des fruitiers et un mélange cohérent de pommiers pour faire du cidre. Il nous rappelle que les fruitiers, conduits en espalier ou en cordons, permettent plus de variétés sur une même surface que des formes en haute tige (70 fruitiers sur 100 m2 !).
• Il a mélangé des fleurs comestibles aux légumes
• A créé une mare en palier de 40 m2, sécurisée par des plantations du côté le plus profond (1,20 m) et de l’autre par sa faible profondeur. Elle est de plus située sous les fenêtres de la cuisine et l’œil vigilant des parents.

Rodolphe ne travaille le sol qu’à la griffe et au croc, amende le sol avec compost et cendres de bois. Pour une bonne préparation du sol, il nous conseille de le couvrir avec ce que l’on a sous la main : résidus de broyeurs, tontes de gazon, voire du carton, non imprimé pour éviter les encres toxiques. L’engrais vert donne de bons résultats, mais est plus contraignant, d’où son abandon.
Il bine régulièrement les sols non couverts.

Il plante sous les arbres des légumes feuilles (en tous cas pas des racines, qui seraient en concurrence avec celles des arbres !). Pour cela, il pratique une taille qu’il qualifie de transparente pour laisser pénétrer les rayons du soleil.

Il plante ses tomates dans des pots enfouis dans la terre, afin que leurs racines ne s’étalent pas et aillent chercher au contraire les nutriments et l’eau dans les profondeurs. La tomate est gourmande en eau : 4 L par jour en période de production !

Il diversifie au maximum les variétés de légumes, d’une part pour étaler les récoltes, de l’autre pour multiplier les saveurs . Ainsi il a des radis de toutes couleurs toute l’année et 110 variétés de tomates cette année !
Pour cela il cherche des variétés sur internet. Il s’approvisionne auprès d’associations (Kokopelli) ou de producteurs spécialisés (les Semailles en Belgique, Solana au Canada, la Ferme de Sainte Marthe en France). Il favorise aussi l’achat de graines auprès de petits producteurs bio, par principe, quand il ne les fait pas lui-même.
Il a redécouvert les fèves, il y en a 104 variétés au catalogue européen, 4 sont disponibles en France !

Le constat aujourd’hui, c’est le retour d’une vraie biodiversité sur le terrain  : oiseaux, insectes, orvets, batraciens. La pelouse n’est plus tondue que sur quelques allées, et le reste est devenu un refuge de flore sauvage.

Côté rendement sur un an, il a chiffré à moins de 200 € ses dépenses, a passé une demi-heure par jour dans son jardin et a estimé sa récolte de légumes à 3500 €.
En conclusion, Rodolphe Grosléziat a séduit le public d’Écochoix d’environ 80 personnes, si l’on en juge par les applaudissements et le nombre de livres dédicacés.

M Patrick Ferray, de l’association des jardiniers de France a pu distribuer son catalogue de graines.

Nous pouvons suivre l’aventure de Rodolphe Grosléziat sur son blog : http: //reptilyfamily.free.fr.

Sites d’achat de semences :
Kokopelli : https://kokopelli-semences.fr/?lang=fr-fr
Biaugerme : http://www.biaugerme.com/
La Ferme de Sainte Marthe : http://www.fermedesaintemarthe.com/

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