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5 juin 2011

Biodiversité dans l’estuaire de la Seine

mardi 7 juin 2011

Alain DESCHANDOL, écologue et ancien président du CHENE, commenta son superbe diaporama sur « la biodiversité dans l’estuaire de Seine », deuxième site ornithologique français avec sa grande roselière , ses vasières qui filtrent, piègent et transforment une grande partie des éléments polluants ….

Petit historique :

L’estuaire de Seine a vu ses contours et ses formes modifiés au fil des siècles.
Avant qu’un chenal n’y soit creusé, les bancs de sable changeaient très souvent de place si bien que les bateaux s’échouaient assez souvent. Certains s’y trouvent encore, enfouis sous la vase. Les falaises ( surtout sur la rive droite) sont les frontières naturelles de l’estuaire.

L’endiguement de la Seine a permi aux bateaux de remonter la Seine plus facilement . Un projet du port de Rouen est actuellement à l’étude pour creuser davantage le chenal… Ce qui n’est pas sans poser de problèmes ( remise en suspension de métaux et matières toxiques, stockage des boues de dragage… ). Avec cette chenalisation et la construction et l’endiguement de la Seine, on a perdu une partie du rôle d’épuration que joue l’estauaire. La Seine étant l’un des fleuves les plus pollués, on ne peut que le déplorer.

Un milieu très riche à protéger :

L’estuaire de Seine, milieu baigné par les eaux saumâtres, renferme de très nombreuses espèces animales et végétales qu’il faut protéger. La survie de l’humanité est liée à la protection de la biodiversité. L’estuaire constitue un lieu de reproduction des poissons, coquillages et crustacés et aussi des oiseaux. Du fait de la présence de vers dans les vasières c’est une très importante nourricerie pour les poissons qui eux-mêmes sont les mets préférés des oiseaux.
De ce fait l’estuaire est un restaurant et un reposoir très apprécié des oiseaux migrateurs …

Le diaporama présentait quelques spécimens les plus emblématiques que l’on peut rencontrer dans les falaises, les vasières, les roselières et les prairies humides de l’estuaire.

Dans les falaises :

- Le choucas des tours, le goéland argenté, le goéland brun, le goéland marin et le faucon pèlerin (voir le compte-rendu de la conférence sur ce thème)
- La vipère péliade, la mante religieuse et la vipérine.
- Les orchidées (orchis singe, orchis mascula…)

Sur le bord de Seine :

- Le courlis cendré, l’huitrier, le tadorne de Belon ou « canard lapin » puisqu’il niche dans les terriers de lapins)

et parfois le phoque (veau marin) qui arrive sur les bancs de sable à marée haute. - Peu de végétation (la spartine faisant exception) et donc peu d’insectes. Bien sûr sous la vase, une multitude de vers, de crustacés et de coquillages qui font le délice des alevins puis des oiseaux …

Dans la roselière ( la seconde de France ) :

- On trouve peu d’autres espèces de plantes vu que les roseaux (phragmite australis) forment un écran à la lumière.

- La mauve officinale et l’aster trifolium s’y développent par endroits. Par contre, les oiseaux y nichent volontiers : le butor étoilé, la mésange à moustache, le gorge bleu à miroir blanc…
Le roseau est exploité par quelques coupeurs de roseaux mais 10% sont toujours préservés pour assurer une zone refuge pour les oiseaux et autres animaux. Cependant, pour que la roselière n’envahisse pas trop, la maison de l’estuaire y a introduit des chevaux de Camargue et des bœufs d’Ecosse.

Les prairies humides :

Exploitées par plus de cent agriculteurs (élevage et cultures), elles renferment une biodiversité importante (flore et faune) :
- le héron cendré, la cigogne blanche ( seconde colonie française) , la spatule, le hibou des marais et le campagnol.
- La couleuvre à collier.
- La renoncule, l’angélique, l’orchis laxiflora, et des centaines d’autres espèces …

Autres milieux :
La dune (seule dune naturelle de Haute-Normandie) et les remblais (sur d’anciennes décharges) abritent de nombreux lépidoptères tels que le machaon (papillon qui avait disparu), des crapauds, des orchidées (orchis liparis) …

L’estuaire est l’objet de nombreux intérêts : la pêche, l’agriculture, la chasse, les coupeurs de roseaux, l’industrie…
Il n’est pas facile pour la Maison de l’Estuaire de mettre tout le monde d’accord sur la gestion de cette « réserve naturelle » .

ECO-CHOIX, aux côtés d’autres associations environnementales telles que HNNE, SOS Estuaire, Estuaire Sud, EPLH, la LPO et bien d’autres veut dénoncer tout projet qui porterait atteinte à la vie de l’estuaire .

Pour que l’estuaire soit respecté, il faut apprendre à le connaître et c’est pourquoi une sortie dans l’estuaire était organisée le dimanche 5 juin .

Alain Deschandol guidait une bonne vingtaine de personnes en plusieurs lieux pour observer sur le terrain ce qu’il avait décrit deux jours avant.

Pour en savoir plus :
L’estuaire de la Seine
Milieux naturels, faune et flore

par Alain et Frank DESCHANDOL (Editions des Falaises)

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