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Peut-on boire l’eau du robinet ? (11 avril 2014)

mardi 22 avril 2014

Invités : Geoffroy Leforestier (Sté Véolia) et Bertrand Girardin, maire de St-Romain-de-Colbosc et président du syndicat d’eau de St-Romain.

D’où vient l’eau qui coule à nos robinets ? Quels traitements subit-elle ? Que renferme t-elle ? L’eau est un élément vital pour tous les organismes vivants mais différentes pollutions sont souvent dénoncées … Qu’en est-il vraiment ?

Une trentaine de personnes sont venues à la conférence organisée par l’association ECO-CHOIX. Malgré l’absence regrettée par tous de David Humbert (agence de l’eau Seine Normandie), la soirée a été très profitable car elle a permis à chacun de s’informer, de poser des questions et de constater que la gestion de l’eau était une question importante...

Le montage de l’agence de l’eau qui parlait d’hydro-géologie a été présenté et commenté. La spécificité des terrains karstiques (sols crayeux et fissurés), la migration de l’eau de pluie dans les sols, l’entraînement des substances polluantes (nitrates, pesticides…), les méthodes de forage et les mesures de protection des zones de captage y étaient décrites.
En haute Normandie, l’alimentation en eau potable est assurée par la ressource souterraine. Les forages se font dans des nappes d’eau libres, plus ou moins vulnérables aux pollutions de surface. Le sol karstique renferme de nombreuses failles et crevasses (bétoires). L’eau souterraine circule donc très vite. Il faut entre une à 30 heures seulement pour que l’eau de pluie se retrouve dans la nappe… N’étant pas suffisamment filtrée, l’eau entraîne les limons et les substances indésirables.
Dans de nombreux captages de Haute Normandie, l’eau se trouve donc souvent chargée en matières en suspension. Pour la rendre potable, il faut un traitement assez important...Le ruissellement de surface dû à l’imperméabilisation des sols n’arrange rien puisque l’eau lessive les terres agricoles avant de s’engouffrer dans les failles du sol, entraînant des limons et des substances indésirables (nitrates, pesticides…) qui eux aussi devront être éliminés pour rendre l’eau potable.
- La concentration de nitrates des eaux de captage augmente en moyenne chaque année de 1mg/l.
- La norme sanitaire de l’eau potable à ne pas dépasser est de 50mg/l.
- La teneur moyenne en haute Normandie se situe entre 35 et 40 mg/l. - Pour les pesticides, la norme à ne pas dépasser est de 0,1micro-gramme/l.

Pour protéger les zones de captage, le Grenelle de l’Environnement a mis en place des mesures mais elles ont du mal à être appliquée. Ces mesures incitent à revenir à des pratiques agricoles respectueuses (assolement, non usage des nitrates et pesticides, plantation de haies, restauration de la biodiversité..)
L’agence de l’eau est chargée de mettre en place ces mesures de prévention de la pollution de l’eau mais la majorité de ses aides financières est attribuée à la dépollution (curatif) … Sachant que les pollutions en nitrates sont stockées dans les nappes pour au moins 30 années, le curatif restera encore longtemps la priorité. Il faudrait que les mesures préventives soient prises en urgence pour espérer à ne plus avoir à traiter les eaux de captage…

Geoffroy Leforestier (Sté Véolia) présenta les différentes techniques de traitement de l’eau .
Les analyses bactériologiques et chimiques des eaux de captage déterminent le type de traitement à appliquer pour la distribuer dans le réseau d’eau. Les normes sanitaires des paramètres bactériologiques et chimiques sont fixées par l’AFSSA et le contrôle est fait par l’ARS.
L’exploitant du réseau d’eau fait également ses propres contrôles. Si bien qu’on peut affirmer que l’eau du robinet en France est l’un des aliments les plus contrôlés.
- Dans la majorité des cas, une simple stérilisation au chlore est faite avant de distribuer les eaux de captage dans le réseau d’eau potable.
L’ajout de chlore permet surtout de protéger les canalisations d’éventuelles pollutions bactériennes. Mais certains captages chargés en matières en suspension nécessitent des traitements de clarification.
- La technique de floculation avec des sels d’aluminium est de moins en moins utilisée car les traces d’aluminium retrouvées dans l’eau ainsi traitée serait la cause de maladies de dégénérescence nerveuses (maladie d’Alzheimer notamment…).
- On préfère la floculation aux sels ferriques, plus inoffensive, où, comme c’est le cas à St Romain, une filtration membranaire.
- Pour baisser le taux de nitrates, des techniques de dénitrifications par résines échangeuses d’ions sont utilisées.
En Seine Maritime, même si le taux de nitrate des eaux de captage augment en moyenne de 1mg/l par an, on reste majoritairement au dessous de la norme de 50mg/l. La dénitrification n’est donc pas souvent utilisée.
- Certaines stations de traitement de l’eau potable sont équipées de filtres à charbon actif. Ce charbon, pouvant être issu de la combustion de coques de noix de coco, piège la majorité des métaux lourds et des pesticides.
- Le nec plus ultra en matière de traitement des eaux de distribution est bien la filtration membranaire. Cela consiste à faire passer l’eau dans des colonnes munies de membranes dont les trous peuvent aller du millième au milliardième de millimètre. Selon la taille, les membranes retiendront matière en suspension, bactéries, virus et molécules.
La station de traitement des eaux de St Romain de Colbosc est équipée d’un tel système couplé à un système de filtration sur charbon actif.

Si les contrôles de qualité de l’eau montrent des dépassements de normes, l’ARS en informe l’exploitant pour qu’il intervienne et fait faire de nouveaux prélèvements et analyses sur les points de distribution contaminés.
- Si la contamination est d’ordre bactériologique, on peut augmenter temporairement la concentration de chlore.
- Si la contamination est d’ordre physico-chimique l’exploitant devra alimenter le réseau sur d’autres captages ou pratiquer des mélanges de captages pour faire baisser la concentration du polluant incriminé.
- Enfin, si la pollution demeure, les citoyens sont informés de ne plus boire d’eau du robinet… Ce fut le cas récemment dans les communes autour de Bolbec où les mairies distribuaient aux habitants de l’eau en bouteille …

Bertrand Girardin maire de St-Romain-de-Colbosc expliqua le rôle et le fonctionnement du syndicat d’eau de St-Romain dont il est le président. Ce syndicat alimente en eau potable les communes de Oudalle, St-Aubin-Routot, St-Romain-de-Colbosc, Graimbouville, Gommerville et St-Gilles-de-la Neuville. Avec ses 3 312 abonnés, ce syndicat reste très petit face aux autres agglomérations telles que celle du Havre. C’est pourquoi le choix a été fait de faire une délégation de service public en confiant le fermage à une société privée. C’est Véolia qui a remporté le marché public et qui gère donc les installations, propriété du syndicat d’eau, soit 135km de canalisations, 2 châteaux d’eau et une station d’ultra-filtration. « Oui, l’eau que le syndicat de St Romain distribue est de bonne qualité grâce aux investissements qui ont été faits et aux nombreux contrôles qui sont effectués. On peut donc la boire sans risque et en faisant l’économie d’achat de bouteilles d’eau. »

Bernard Roberge s’intéresse depuis très longtemps à la qualité et aux propriétés de l’eau. Il a évoqué quelques pistes de recherches sur ce qu’on a nommé « la mémoire de l’eau » et sur les procédés de structuration de l’eau. Le « stress oxydatif » que subit l’eau lors de sa stérilisation a des conséquences sur notre santé entraînant des maladies dégénératives…
L’eau n’est pas seulement un « transporteur » de minéraux, vitamines… mais elle sert aussi à faire de nos cellules les éléments indésirables, déchets du métabolisme… La molécule d’eau joue donc un rôle capital dans nos cellules quasi méconnu.
Une eau peu chargée en minéraux est de meilleure qualité. Statistiquement elle correspond à une morbidité moindre. Des techniques de structuration de l’eau permettent d’en améliorer la qualité : systèmes vortex, systèmes électro-magnétiques ou ondes de formes… Les recherches dans ces domaines sont malheureusement peu nombreuses… Elles nécessitent de travailler sur le vivant (les cellules, les bactéries, le végétal).

Des applications nombreuses pourraient en découler. L’une d’entre elles, la bio-électronique, a abouti le concept de bio-compatibilité. Des procédés de structuration de l’eau ont été testés avec succès pour augmenter les rendements de 20% dans la production végétale…

Pour plus de détails, on peut lire les travaux de recherche de
- Marcel Violet (« Dynamisation Violet-Le Bignan ») : Le secret des patriarches (téléchargeable gratuitement en PDF)
- Louis Claude Vincent : La bio-électronique
(lire les principes dans cedocument)
- Association de bio-Electronique (A.B.E) : voir le site
- Joseph Orszagh : Bio électronique, biocompatibilité, eau de pluie, traitement sélectif, etc... (voir le site)
-  Jeanne Rousseau : Travaux sur l’hydrodynamique en biologie
- Le site des organisateurs des Journées Toulousaines de l’Eau (Annuelles)
- Yann Olivaux : « la nature de l’eau » (Ed. Résurgences), sur sa page Facebook
et sur son site
- Bernard Roberge à écouter sur Radio RVL
Contact avec Bernard Roberge : sarl.idees.alter@gmail.com

Ces présentations furent suivies d’un débat au cours duquel furent abordées des questions essentielles : La protection des sols, l’agriculture BIO, le coût de l’eau (de son traitement), l’économie au coeur du débat, le relargage de substances toxiques dans les canalisations (bio-film, plomb…), les effets cocktails de plusieurs polluants sur notre santé, l’utilisation irrationnelle d’eau potable pour nos toilettes, la récupération d’eau de pluie, les autres polluants (résidus de médicaments, radioactivité…), l’eau en régie publique ou en délégation de service public, le prix de l’eau, la tarification progressive…

La conclusion de ce riche débat semblait faire l’unanimité dans la salle :
- Du point de vue des normes sanitaires, l’eau du robinet est « potable » même si ces normes sont parfois remises en cause par certaines études scientifiques.
- Oui, il faut tout faire pour que l’eau captée soit de la meilleure qualité possible mais on ne peut pas se dispenser de traiter cette eau et ce de la meilleure façon possible.

Chaque citoyen peut vérifier la qualité de l’eau de son robinet en allant lire les bulletins d’analyse de sa commune.

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