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Balade naturaliste en Laponie Arctique avec Monique et Jacques Ragot (23 janvier 2015)

mardi 27 janvier 2015

Jacques et Monique Ragot sont naturalistes et amoureux de nature. Ils sillonnent le Pays de Caux pour observer et photographier les oiseaux de passage ou sédentaires. Un des plus importants couloirs de migration des oiseaux passe le long des côtes normandes en provenance du grand Nord. Les nombreuses zones humides qui bordent nos côtes, de la baie de Somme jusqu’à la baie du Mont Saint-Michel, sont des lieux d’accueil très importants pour ces oiseaux.

Jacques et Monique Ragot sont allés en Laponie Arctique pour observer ces oiseaux migrateurs dans leur milieu de reproduction. A partir de toutes leurs observations faites dans la région et dans les pays nordiques, ils ont rédigé des guides régionaux et un « beau livre » intitulé « Plumes Nordiques ».
Ils sont venus à Saint-Romain ce 23 janvier pour relater leurs cinq voyages en Scandinavie et commenter quelques-unes des très nombreuses photos qu’ils ont prises depuis la péninsule de Cap Nord jusqu’à Kirkenes, à la frontière russe.

La toundra, biome de la zone arctique, possède une végétation riche en été, c’est-à-dire seulement 2 à 3 mois par an. On y trouve une flore spécialisée (souvent semblable à celle rencontrée sur les pentes alpines) qui doit s’adapter au climat rude (neige, froid et vent) et à la pauvreté du sol en raison d’une mauvaise décomposition de la matière organique. C’est un milieu très ouvert avec une prédominance d’arbrisseaux nains, parfois rampants ; les arbustes tortueux se développent seulement le long des ruisseaux issus de la fonte des neiges.

Elle a aussi une faune très diversifiée qui profite des rochers, des falaises intérieures et littorales, des grandes herbacées autour des tourbières, des couloirs le long des cours d’eau …
On y trouve quelques mammifères : le renne, le lièvre variable, le renard roux, rarement le renard polaire, le lemming, l’hermine… Pas de Batraciens, seulement un reptile ose s’avancer jusqu’aux abords de la toundra : le lézard vivipare.
Bien sûr, il y a une nette domination des oiseaux, capables de parcourir des distances considérables pour aller se nourrir dans des contrées plus favorables. Les oiseaux viennent dans la toundra en été pour se reproduire parce que la nourriture y est très abondante puis ils repartent vite vers le sud avant que le froid et la neige ne reviennent. Ils nichent près des lacs, des tourbières ou des falaises. Seul le lagopède est sédentaire.
Impossible de citer ici toutes les espèces d’oiseaux rencontrées mais en voici quelques unes : bruant des neiges, bruant lapon, alouette haussecol, pluvier (doré et guignard), grèbe esclavon, plongeons (catmarin et arctique), cygne chanteur, bécasseau (variable, minute, violet …), combattant varié, sterne arctique … et, dès que la toundra devient arborée (zone subarctique), l’avifaune se diversifie encore plus avec le chevalier (arlequin, aboyeur, sylvain …), le courlis corlieu, la grive (mauvis et litorne), le sizerin (flammé et blanchâtre), le pinson du nord, la mésange lapone, le bruant nain …
La plupart de ces oiseaux sont signalés régulièrement ou occasionnellement, voire exceptionnellement sur nos côtes au passage ou en hivernage en dehors de leur période de reproduction.

La taïga (ou forêt boréale), biome du domaine boréal est recouverte de forêts. Elle abrite une avifaune fortement diversifiée mais difficile à observer, souvent sédentaire. On trouve également beaucoup de mammifères souvent menacés de disparition, notamment l’élan rencontré plusieurs fois par Jacques et Monique Ragot.

Trois remarques :
- Les Norvégiens, Finlandais et Suédois sont très respectueux de la nature. Beaucoup de Suédois possèdent une petite cabane au bord des lacs et les enfants sont habitués très jeunes à observer la nature. Il existe aussi beaucoup de parcs naturels dans ces pays nordiques.
- A cause du réchauffement climatique, la toundra régresse au profit de la taïga… Là encore la biodiversité est donc menacée.
- Les zones humides littorales de notre région forment un corridor extrêmement important pour la survie de nombreuses espèces, elles doivent être absolument protégées.

NB : toutes les photos montrées dans les diaporamas et dans leurs guides sont uniquement prises par les auteurs dans les milieux naturels.

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