Accueil > Les rencontres d’Eco-Choix > Comptes rendus cafés débats archivés > Economie > Mettre l’économie et l’argent au service de la Vie

Mettre l’économie et l’argent au service de la Vie

Une conférence de Philippe Derudder

mercredi 2 décembre 2015

Philippe DERUDDER est un entrepreneur français devenu auteur engagé à chercher des solutions alternatives afin de mettre l’économie au service de l’homme et de la planète. Il partage le fruit de ses recherches et expériences dans ses livres, conférences et ateliers.
Il anime l’association AISES (Association Internationale pour le Soutien aux Economies Sociétales)
Aller sur le site : www.aises-fr.org

Ses ouvrages :
- La Renaissance du plein emploi ou la forêt derrière l’arbre (Ed. Trédaniel, 1997)
- Les aventuriers de l’abondance, prix spécial 2000 Christian Vidal pour une alternative de vie, (Ed. Yves Michel)
- Rendre la création monétaire à la société civile (Ed. Yves Michel)
et, co-auteur avec André-Jacques Holbecq de :
- Les 10 plus gros mensonges sur l’économie (Ed. Dangles, 2007)
- La dette publique, une affaire rentable (Ed. Yves Michel)

Beaucoup affirment que la crise écologique va doper l’économie en créant de nouvelles activités et de nouveaux emplois pour limiter les différentes formes de pollution et le réchauffement climatique.
C’est en partie vrai si l’on fait les bons choix pour la planète mais actuellement on cherche trop à faire du profit à court terme sur cette nouvelle manne écologique en faisant souvent de très mauvais choix : exemples : l’énergie nucléaire et les agro-carburants qui créent plus d’inconvénients que d’avantages.
On ne tient pas compte que notre terre est finie. On ne peut ignorer qu’en ponctionnant les réserves naturelles sans modération et sans réflexion, on condamne l’humanité à très court terme…
Ce qui pourrit le système économique actuel, c’est l’argent qui est mis au pinacle et l’égoïsme qui vise à faire des profits sur le dos des autres et de la planète.
Pourtant l’argent n’a aucune valeur en soi : en effet l’argent n’a plus aucune convertibilité en or ou en quelque richesse palpable. L’argent est totalement immatériel et virtuel. Il n’a que la valeur qu’on lui accorde en y mettant notre confiance. L’argent n’existe que par le jeu des écritures et de la création monétaire. Mais cette dernière est entre les mains des banques privées qui s’appuient sur le crédit pour spéculer des masses monétaires (virtuelles) immenses. C’est pour cela que ces banques nous invitent sans cesse à emprunter. Les états aussi sont à la solde de l’emprunt privé depuis qu’ils ont laissé aux privé le soin de gérer la monnaie. Pour que ce système capitaliste fonctionne nous sommes poussés à consommer de plus en plus, condamnés à augmenter chaque jour la « croissance ».
Ce n’est pas le fait de créer de l’argent « ex-nihilo » qui est grave, c’est que ce soient les banques privées, et non pas les états et les gouvernements, qui s’arrogent le droit de créer cette argent. De ce fait les politiques ont abandonné leur pouvoir entre les mains des financiers ( privés) .
Alors les politiques disent sans cesse « On ne peut pas faire ceci ou cela car ça coûte trop cher, on n’a pas d’argent ! » En fait ils devraient dire que depuis le traité de Maastricht, les états sont obligés d’emprunter aux banques privées et ne sont plus autorisés à créer de l’argent . Ainsi, pour réaliser leurs travaux, faire fonctionner leurs services ( école, hôpitaux, etc… ) les états sont obligés d’emprunter aux banques et de s’endetter en appauvrissant les nations et en enrichissant les banques privées et leurs actionnaires …Ce système néo-capitaliste entraîne de plus en plus d’inégalités sociales puisque ceux qui paient ne sont pas forcément ceux qui reçoivent .
Il faut donc changer l’outil monétaire, dit Philippe Derudder. C’est un choix de société qui se situe bien au delà des clivages droite-gauche ou riches et pauvres.
A l’heure où la planète est en danger ( pollutions / surpopulation / surarmement / surproduction / diminution des ressources naturelles… ), il faut penser un nouvel ordre économique qui reposerait sur la « coopération ».
Aujourd’hui, le système ne fonctionne plus : on entre en récession, c’est à dire que les entrées (placements) sont inférieures aux sorties (emprunts). C’est peut-être une occasion inespérée de remettre tout à plat. Il suffirait que les gouvernements se réapproprient l’émission de la monnaie pour inverser la vapeur. Il ne s’agit que d’une volonté politique.
C’est pour cela que l’on voit ça et là naître des « monnaies complémentaires » : les SOLs , les SELs (*). Certaines communes y ont également recours afin de recréer du lien social et secourir ceux qui sont écrasés par le système libéral.

(*) SOL : www.sol-reseau.org
SEL : http://selidaire.org

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.