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Les Transports de Matières Dangereuses (T.M.D.)

lundi 7 décembre 2015

Pour un véritable débat sur le nucléaire :
Comment les conteneurs d’uranium traversent-ils le port ?
Les dockers sont-ils au courant de ce qu’ils transportent ?

Jeudi 1er décembre les policiers du RAID sont intervenus au matin dans le port du HAVRE contre des militants de GREENPEACE qui empêchaient le chargement de conteneurs renfermant des matières radioactives.
D’après GREENPEACE, il s’agissait de déchets nucléaires en provenance de la DROME et destinés à être stockés en RUSSIE... Cette pratique est officiellement interdite par les autorités russes mais perdure cependant depuis plus de 10 ans. La région de TOMSK en SIBERIE est devenue une véritable poubelle nucléaire et la FRANCE y contribue largement. Voir ce qu’écrit GREENPEACE sur ce qui se passe à TOMSK en fin de communiqué.

Le groupe AREVA chargé de retraiter ou de stocker ces déchets affirme que les conteneurs qui ont transité par le port du HAVRE ne présentaient qu’une faible radioactivité et qu’il ne s’agissait pas de déchets mais de 450 tonnes d’uranium appauvri destiné à être enrichi avant de revenir en FRANCE. Les membres de GREENPEACE qui ont mesuré la radioactivité de ces conteneurs affirment, eux, qu’ils présentaient une très forte radioactivité...
- Qui croire ?
- Où est la transparence en matière de nucléaire ?
- Quels risques encourent les dockers qui chargent des conteneurs ?
- Qui contrôle toutes les matières dangereuses qui transitent dans le port du HAVRE ?
- Qui assure la sécurité des dockers ?
- Les règles sont-elles toutes respectées ?
- Toutes les personnes approchant ou manipulant des charges sont-elles en sécurité et informées ?

Par ailleurs, ces conteneurs sont arrivés de la DROME par la route... Donc ce ne sont pas seulement les manutentionnaires du port qui sont concernés mais toute la population...

Que ce soit par camion, par rail ou par bateau, le transport des matières radioactives est très dangereux. Et pourtant des tonnes de produits radioactifs circulent chaque jour sur terre et sur mer... Comment AREVA et EDF peuvent-ils affirmer que la filière nucléaire est propre alors que le problème du transport et du stockage des déchets reste un danger permanent pour nous et les générations futures ?

Dans le cadre du pseudo débat qui vient de s’ouvrir sur l’EPR ( pour ou contre la relance d’un nouveau programme électronucléaire français) , ECO-CHOIX, avec le réseau « sortir du nucléaire » préconise l’arrêt progressif des centrales nucléaires, les économies d’énergie et le développement des énergies propres et renouvelables . ECO-CHOIX est solidaire des militants de GREENPEACE qui encourent de lourdes amendes puisque la société GMP qui exploite le quai de l’EUROPE au HAVRE a décidé de porter plainte. ECO-CHOIX sera aux côtés des centaines de mouvements et d’associations qui préparent la manifestation contre l’EPR du 15 avril à Flamanville pour dire NON AU NUCLEAIRE et OUI aux économies d’énergies et aux énergies propres .

Ce qu’écrit GREENPEACE sur TOMSK :
« Des impacts énormes :
Les nombreuses installations ont, au cours des années, rejeté des quantités immenses de matières nucléaires directement dans l’environnement et ont accumulés d’importants stocks de déchets extrêmement dangereux, ayant un impact terrible sur la région et ses habitants.
Les principaux impacts sont :
- Les nombreux rejets (notamment les eaux de refroidissement du premier réacteur et aussi les effluents de l’usine de retraitement à ces débuts) directement rejetées dans le chenal "RAMASHKA" affluent de la rivière TOM ont beaucoup contaminés le lit et les abords de ces cours d’eau. Aujourd’hui sur plusieurs kilomètres des panneaux rappellent aux populations la forte contamination de l’environnement et l’interdiction de pécher.
- Les effluents hautement radioactifs de l’usine de retraitement sont injectés dans les couches de sables en profondeur. Ces injections faites à quelques 10, 20 Km de la rivière TOM concernent des millions de m3 de liquides radioactifs représentant plusieurs millions de Tera-Becquerel, soit l’un des plus gros rejets radioactifs dans l’environnement au monde.
- Le 6 avril 1993 une grave explosion d’un réservoir de 25m3 d’une solution contenant notamment plusieurs milliers de kilos d’uranium et plusieurs centaines de kilos de plutonium, a eu lieu. Cet accident a provoqué une importante dispersion de radioéléments à vie longue contaminant toute la région nord-est du site. Certains village ont du être évacués et aujourd’hui encore des panneaux alertent la population sur le danger de cueillir des champignons et des baies sauvages
Le projet d’usine MOX :
Dans le cadre des programmes de désarmement Start I et II entre les Etats-Unis et la Russie, chacun des deux pays s’est engagé à réduire de 34 tonnes les surplus de plutonium de leur arsenal militaire. La Russie, par la voie de son ministère dédié à l’énergie atomique, MINATOM, a fortement milité pour utiliser ce plutonium pour fabriquer du combustible MOX (mélange d’oxyde de plutonium et d’uranium).
Pourtant la seconde option technologique qui consiste à immobiliser le plutonium en le mélangeant à des déchets hautement radioactif, est l’option techniquement la plus efficace et la moins chère, comme l’a montré une étude du Département à l’Energie (DoE) américain.
L’idée de MINATOM est simple : n’ayant plus de fond pour son programme nucléaire, il souhaite faire financer par des fonds internationaux (par les pays du G8) et sous couvert de désarmement la relance de son industrie du plutonium.
Le site officiellement choisi par MINATOM pour l’implantation de l’usine qui fabriquera le MOX est le site de Tomsk. Le fait que sur ce même site de Tomsk, la Russie produise encore chaque année 1 à 2 tonnes de plutonium à des fins militaires, démontre la véritable motivation du MINATOM. »